La philosophie d'Epicure est symbolique, héroïque et idéalisée : le bonheur par la simplicité, par le profit de la vie. Mon bonheur le plus simple est celui de me trouver immergé, oui, complètement immergé, dans un océan de nature sans limites, ou peut-être celle de l'horizon. Comment faire maintenant pour que les états psychologiques d'Epicure servent pour mon cas, alors que la majorité des hommes et femmes d'ici ne se préoccupent même pas de respirer un air à peu près pur et vierge de toute souillure, de regarder un arbre et ses feuilles dansant furieusement au gré d'une tempête orageuse?
Ici, l'homme vit pour vivre, comme un animal soumis à sa loi. Ici, il n'est question que de gris, d'étouffant, et le comble étant que l'homme a réussi son oeuvre sale et n'en est pas même fier, et vit dans une indifférence écoeurante.
Epicure avançait à cheval ou à pied, pas en voiture, vivait dans des maisons aux jardins luxurieux, pas dans des immeubles. Les hommes travaillaient le bois, la terre, pêchaient, mais pas dans des usines. L'ancien temps, l'Antique Temps, cette Antiquité a toujours été meilleur et l'Avenir réserve toujours et forcément le pire des cauchemars, car rien, rien du tout, ne pourra arrêter l'homme moderne, sinon son extermination par ses propres moyens.
Mais il y a des hommes, des vrais et bons hommes, qui savent ce qu'est la vie et ce qui nous permet de vivre. Pas l'argent éphémère, qui part et revient, ubiquiste à souhait et infiniment, mais l'oxygène que la nature donne , et c'est à croire qu'elle est pensante, qu'elle réfléchit, tant elle donne dans un élan éternel d'altruisme total, et même plus que total, que l'humain ne pourrait offrir en échange.
Et à votre avis... qui est le plus sale? le Cochon ou ce qu'il mange?